ENNUYEZ-VOUS !

une jeune femme attablée dans un café s'ennuie

Bonjour à toutes, bonjour à tous, 

 

J’espère que vous allez bien.

Le thème de ce billet est lié au prochain Dialogue Philo. 

Ce Dialogue aura lieu le dimanche 11 octobre aux Cabanes Urbaines sur le thème :

L'ennui : une chose à éviter ?

Juste avant le billet,

si vous appréciez mon travail,

n'hésitez pas à laisser un avis !

L’ennui est le nom d’un mal étrange et difficile à définir.

C’est un sentiment de vacuité, d’inanité ou de vide.

Il n’est pas une souffrance, à proprement parler.

Encore moins constitue-t-il une « douleur », car il ne nous atteint pas physiquement.

Il semble que cet état soit plutôt une forme de privation : un manque d’intérêt, de motivation ou d’attrait ressenti pour ce qui nous entoure.

Dans ce cas, pourquoi serait-il un mal ?

Pourtant ! nous le fuyons généralement dans les divertissements, les diversions et les occupations : toutes ces choses qui nous permettent de « tromper » l’ennui.

Tout se passe comme si un ennemi nous épiait et que nous pouvions le berner, le tromper au moyen d’autre chose.

Toutefois, nous avons peut-être une vision injustement négative de l’ennui.

En effet, l’ennui est un luxe : celui de n’avoir pas d’occupation ou de préoccupation, de temps pris par autre chose.

Bref, nous ressentons l’ennui quand nous n’avons pas d’« ennuis » ou de problèmes à résoudre :

« Remède sûr contre l'ennui : un ennui. »

Eugène Marbeau (1)


En outre, l’ennui n’est pas un ennemi extérieur : c’est livré à soi-même que l’on s’ennuie…

Ajoutons, pour plaider un peu plus en faveur de cet état, que l’ennui est une source d’inspiration.

Peut-être même est-il la condition pour, plus tard, se remplir d’autre chose, comme une terre laissée en jachère et qui sera plus fertile :

« L'ennui est cet état béni où l'esprit désoccupé aspire à faire sortir du néant quelque chose d'informe et déjà d'idéal qui n'existe pas encore. L'ennui est la marque en creux du talent, le tâtonnement du génie. »

Jean d'Ormesson (2)


N’oublions pas que l’ennui, ce aussi sont les personnes qui nous « ennuient » : les ennuyeux, les fâcheux. Une belle définition en a été donnée, dont l’auteur reste pourtant inconnu :

« Un ennuyeux est quelqu'un qui vous prive de solitude sans vous fournir de compagnie »

(faussement attribué à) Oscar Wilde (3)


Certes, il faut fuir les ennuyeux, mais faut-il fuir l’ennui ?

Et que fuit-on, lorsqu’on fuit l’ennui ?

Je vous donne rendez-vous pour en parler au prochain Dialogue Philo, ce dimanche 11 octobre.


Merci de votre attention

Cordialement

Philippe BOULIER


Notes :

(1) Eugène Marbeau, Remarques et Pensées, Société d'éditions littéraires et artistiques, Paris, 1901.

(2) Jean d'Ormesson, Qu'ai-je donc fait ?

(3) « A bore is a man who deprives you of solitude without providing you with company », in Reader's Digest, 1949.

Image générée par IA

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